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Chez Léna et Mimile Menu moléculaire 15/20
Non loin de la rue Mouffetard et caché de la foule, le restaurant Chez Léna et Mimile possède un charme certain. Créée en 1937, cette adresse plutôt familiale s’est transformée avec succès en bistrot haut de gamme. Le restaurant est divisé en plusieurs parties pour se restaurer. Elles sont toutes aussi agréables les unes que les autres mais si vous avez l’occasion d’y aller par une belle journée, réservez en terrasse, vous ne le regretterez pas. Côté bar
Côté verrière
Côté salle
La carte est très belle, notamment les charcuteries ibériques et les desserts signés Pierre Hermé (que je ne vous dévoile pas).
Mais aujourd’hui ce n’est pas la carte courante que je suis venue goûter (cependant, l’ayant déjà testée, je peux vous assurer qu’elle vaut le passage).
Depuis trois ans, le chef Christèle Gendre propose de la cuisine moléculaire selon les principes d’Hervé This (inventeur du genre). En période hivernale, on peut même venir déguster un menu entièrement dédié à la chose, le soir et moyennant 55 euros. C’est une somme importante pour un dîner, mais l’expérience vaut la dépense. Voici donc le menu Note à note.
Puisque nous sommes deux ce soir, nous allons pouvoir goûter à tous les plats ! C’est parti. Voici l’amuse-bouche.
Velouté de champignons, mouillettes de jaune d’œuf à 68° Le velouté est gourmand, mon ami s’en régale même alors que d’habitude il a du mal avec les champignons. Les mouillettes sont surprenantes. C’est donc du jaune d’œuf qui a cuit pendant une heure et demie à 68 degrés. Il est ainsi assez proche d’un œuf mollet mais on peut le manipuler et on le déguste à température ambiante et non chaud. C’est bon et c’est surtout très amusant ! Les entrées Carotte Chantenay, jus de fanes façon Louis Pasteur (acide tartrique) (en haut à droite dans l’assiette)
La carotte Chantenay est une carotte naturellement sucrée. Elle est cuite avec simplicité et on apprécie vraiment son goût savoureux. Le jus de fanes est, à ma grande surprise, vraiment bon, avec une texture très douce en bouche. Et l’acide tartrique est… acide ! En fait cela nous rappelle les bonbons que l’on mange enfant type têtes brûlées ou les grandes langues. L’effet est bien sûr beaucoup moins agressif, l’idéal est d’en mettre un peu moins que du sel, mais à chacun le plaisir de le doser et de provoquer ses papilles. Ce mélange de légume naturellement sucré et d’acide est très intéressant. Foie gras de canard, agar-agar de betteraves crues
L’agar-agar est un produit gélifiant obtenu à partir d’algues rouges. Travaillé avec la betterave crue, on obtient une très jolie couleur et un parfum qui se marie bien avec le foie gras. La réduction de vinaigre de framboise s’allie bien elle aussi. Mais surtout, c’est la qualité du foie gras qui nous épate. Un délice ! Une qualité rare qui ne s’oublie pas. En plus de cela, les quantités sont conséquentes. Les plats Demi magret de canard rôti, pomme de terre rissolées, radis red et green meat, bouchée de sauce à l’orange
La sauce a un goût prononcé, on sent bien le parfum de l’orange et il y en a assez pour en avoir encore quand on termine sa viande. Les légumes n’ont pas d’intérêt particulier si ce n’est qu’ils ajoutent, par les couleurs et la découpe, un côté esthétique fort plaisant. Le magret est cuit comme il faut mais je mettrais un petit bémol sur la tendreté qui manquait. La bouchée est surprenante, elle éclate en bouche comme le ferait un chewing-gum et libère de la sauce. Un petit plus vraiment sympa, comme vous pouvez le voir sur la photo, ce sont ces filaments blancs posés sur la viande. C’est en fait du sel. La serveuse est arrivée avec un bloc de couleur blanche composé de sel et d’un gélifiant qu’elle a travaillé avec une râpe au-dessus de mon plat. Saint-Jacques poêlées, légumes de Joël, émulsion aux crevettes grises, bouchée d’endives caramélisées
Les Saint-Jacques sont très bien cuites, les légumes sont goûteux et croquants. Comme il n’y avait qu’une bouchée magique, c’est donc mon ami qui l’a dégustée. Ca avait l’air assez bon. L’heure du dessert Le dessert est un moment magique et ce, avant sa dégustation. On vient nous chercher pour assister à la préparation du plat. C’est une glace préparée en seulement quelques minutes. On nous présente une crème anglaise (base de toute glace) au sésame et au miel. Puis un pot d’azote liquide. Je vous donne la définition d’après Wikipédia : L’azote liquide est le gaz diazote refroidi en dessous de son point d’ébullition, soit –195,79°C. Il a l’apparence d’un liquide limpide d’où s’échappent des vapeurs blanches. Il est donc, vous l’aurez compris, très froid. En le versant sur la préparation et en mélangeant aussitôt, on obtient donc très rapidement de la crème glacée. Cryo s’more
De retour à table on nous sert ce dessert dressé avec un peu de chocolat et quelques toutes petites guimauves. Côté dégustation, c’est bon ! On sent bien une différence avec une glace préparée en sorbetière. Elle est très froide, plus épaisse, plus compacte et elle fond plus vite en bouche. Pour conclure ce repas, on nous servira aussi des petites meringues à l’azote liquide qui lorsque vous les croquez vous font sortir une fumée blanche et froide par le nez. CONCLUSION Nous avons passé un excellent moment. La cuisine était bonne et surprenante même si je m’attendais à peut-être plus de surprises, notamment sur les plats. Mais les cuissons et les associations étaient judicieuses et les portions très copieuses ! Je reviens sur le foie gras qui était de très bonne qualité. Le service était très bien, on a pris la peine de tout nous expliquer en détail. L’ambiance est aussi bien romantique que chaleureuse, on peut tout à fait venir dîner en couple comme en amis. Le rapport-qualité prix est bon, bien sûr 55 euros c’est une somme (comptez 60 avec un verre de vin) et ce menu mérite à son image de le déguster à une occasion particulière. Mais puisque qu’il n’est disponible qu’en hiver, vous pourrez choisir pour moins cher au final un de ces plats « moléculaires » à la carte. Cuisine 6,5/8 Service 3/4 Ambiance/Déco 2,5/4 Rapport Qualité/Prix 3/4 Total 15/20
Chez Léna et Mimile, 32 rue Tournefort, Paris 5ème. 01 47 07 72 47, ouvert tous les jours, réservation conseillée pour la terrasse en été. Site internet : www.chezlenaetmimile.fr
Lundi 16 Février 20091 commentaire(s)
Le Youlin
Le YOULIN est un véritable COUP DE CŒUR, au point que je garderais bien ce bon plan pour moi toute seule. Un succès rapide ne m’étonnerait pas et comme la capacité d’accueil est petite, je crains qu’il ne faille d’ici peu réserver bien à l’avance ! Si vous avez une très grande faim et que vous voulez une grosse assiette pour vous caler en peu de temps, alors vous vous trompez d’adresse. Ici, le principe ressemble aux BARS À TAPAS espagnols mais EN VERSION JAPONAISE. On vient déguster de petites portions (mais du coup on goûte plein de plats !) en buvant du saké (du vrai, pas l’ignoble sirop de savon à 40° qu’on vous sert à la fin du repas dans les restos japonais à brochettes et sushis). Ce principe a un nom : L’IZAKAYA L’izakaya est tellement répandu au Japon qu’on pourrait l’assimiler au bistrot ou à la brasserie en France ou encore au pub dans les pays anglo-saxons… Les Japonais y vont souvent pour dîner ou même simplement boire un verre d’alcool.
Le Youlin est donc le seul isakaya de Paris et son CHARME est tout ce qu’il y a de plus AUTHENTIQUE. Difficile d’y rentrer par hasard car il est situé dans une rue peu fréquentée et sa façade en bois est très discrète. A l’intérieur, quelques chaises au comptoir et une petite vingtaine de places pour s’attabler. On se sent facilement chez soi et c’est très convivial. J’adore !
« Youlin » est le prénom de son propriétaire, un jeune homme de 28 ans d’origine sino-cambodgienne par son père et tunisienne par sa mère. Après avoir étudié au Japon, il est revenu en France et a racheté l’affaire, dont il a d’ailleurs conservé le bar d’origine assez particulier puisque les clients et les serveurs ne sont pas au même niveau (le plancher est plus bas derrière le bar). La cuisine de Youlin se veut « FRANÇAISE À LA MANIÈRE JAPONAISE ». La phrase est juste et les menus proposés offrent un excellent rapport qualité-prix. Visez un peu : 21 euros pour 5 plats et 35 euros pour 8 plats ! Evidemment, les portions sont en conséquence, on est là pour déguster, pas pour se baffrer ! Et c’est là toute la réussite de ce restaurant : permettre à chacun de goûter plusieurs PETITS DÉLICES pour un prix VRAIMENT RAISONNABLE et une QUALITÉ INDÉNIABLE.
NOTRE SOIRÉE AU YOULIN J’y vais accompagnée de deux amies. Nous avions réservé mais lorsque nous arrivons, notre place n’est pas encore disponible. On nous installe donc au comptoir en attendant et on nous propose de boire du saké. De là, nous disposons d’une vue ravissante sur le petit bar aux JOLIES BOUTEILLES COLORÉES.
Je vous invite à lire la page wikipedia sur le SAKÉ car tout vous expliquer serait trop long. Dites-vous juste que les variétés et les qualités sont aussi étendues que le vin (d’ailleurs le Youlin propose aussi une jolie carte de vins). http://fr.wikipedia.org/wiki/Saké On nous propose alors de CHOISIR NOTRE VERRE parmi ceux présentés. J’adore le principe.
La faim grandissante, nous décidons de rester au comptoir et commandons DES PLATS À PARTAGER. Pendant tout le repas, nous discuterons avec le patron, Youlin, d’une grande gentillesse et ravi de partager ses connaissances et son histoire.
LA CARTE DU JOUR (elle varie souvent) Nous commençons par le cappuccino aux shiitake (champignons). Nous sommes servies dans trois assiettes différentes afin de ne pas se servir dans la même. J’apprécie beaucoup l’attention et en plus, c’est TRÈS BON.
Ensuite, le foie gras poêlé au coulis de kaki. Aïe j’ai oublié de prendre une photo, mais c’était très joli et surtout DIVIN. Un foie gras de qualité et une association très intéressante avec le kaki. Viens le carré d’agneau sauce wasabi (également partagé à l’assiette). L’agneau étant ma viande préférée, JE M’EN RÉGALE. Avec du wasabi, c’est plutôt sympa. Je mets un petit bémol sur les haricots qui étaient vraiment fermes, je pense que c’était volontaire, mais c’était trop pour nous.
Puis, le parmentier de canard parfumé aux truffes. Dans le titre, TOUT EST DIT et c’est réussi.
Et enfin le risotto aux crevettes à la milanaise. CRÉMEUX ET GOURMAND à souhait !
Après tous ces plats partagés, on nous a offert le thé. Ce qui n’est jamais pour déplaire. L’HEURE DE L’ADDITION Au total, nous en avons pour 52,50 euros soit 17,50 chacune ! Il faut dire que le thé est offert et qu’à notre grande surprise, Youlin nous a offert le saké (on en avait pourtant repris un peu au cours du repas). Attention, je ne suis pas en train de vous dire qu’il le fait à chaque fois ! Mais cela en rajoute au plaisir que nous avons eu à y dîner. Et accentue notre envie d’Y RETOURNER ! CONCLUSION CUISINE : 6/8 Un véritable effort de présentation des plats, une cuisine savoureuse et parfois surprenante. Super ! SERVICE : 3/4 J’aurais mis 4/4 si la table que nous avions réservée était disponible. Tout le reste était parfait. Accueil irréprochable, patron vraiment sympathique, pas d’attente. AMBIANCE/DÉCO : 3/4 Dépaysant, chaleureux, bonne musique, sans fioriture de mauvais goût. Top. RAPPORT QUALITÉ-PRIX : 3,5/4 D’enfer. Suivant votre faim, commandez sans aucune hésitation le menu à 21 euros ou celui à 35 euros. Un rapport comme celui-là, c’est rare. TOTAL : 16/20 Vivement la prochaine fois. Restaurant isakaya Youlin 3 rue Valette 75005 Paris Tous les soirs de 19h à 23h Tél. : 01 43 26 05 32
Jeudi 05 Mars 2009Poster un commentaire
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